15 raisons pour ne pas être graphiste freelance

Blog du Freelance > 15 raisons pour ne pas devenir indépendant

15 raisons pour ne pas devenir indépendant

Etre à son compte est parfois difficile, bilan de mes 10 ans de freelance

Posté le 05 février 2016 | Rangé dans Humour

15 raisons pour ne pas être graphiste freelance

Si vous hésitez à vous lancer aujourd'hui en tant qu'indépendant ou freelance, voici une liste de raisons pour ne pas être indépendant. Evidemment cela est dit avec humour mais le fond reste vrai, c'est un petit retour sur mes 10 années passées en tant qu'indépendant. Cela concerne mon activité de graphiste freelance mais se décline facilement pour toutes les activités d'indépendants. Allez on y va !

1. Indépendant c'est être tout seul !

Se lancer en freelance signifie passer environ 99% de son temps tout seul. Il faut le savoir ! Cela peut être un avantage, mais c'est au final très difficile : il faut trouver la motivation, se forcer à respecter des horaires de travail, faire sa propre veille, ... Même si c'est un choix que je ne regrette absolument pas, au contraire, je dois avouer que des fois, cette solitude était pesante par moment. Il faut être bien accompagné, avoir une vie sociale bien remplie sinon on a de quoi péter un cable facilement. En 10 ans j'ai connu beaucoup de confrères qui ne supportaient plus cette solitude quotidienne et ont décidé de revenir à un poste en entreprise.

2. Savoir tout faire soi-même...

Etre indépendant c'est avoir plusieurs casquettes : on est à la fois le graphiste, mais on est aussi le commercial, le comptable, le secrétaire, le chef d'entreprise, le chef de projet, etc. Si on a une de ces casquettes qui ne nous convient pas, le plus souvent on se casse la gueule. Dans mon activité de graphiste freelance, j'ai connu beaucoup de graphistes meilleurs que moi mais qui commercialement parlant n'étaient pas présents. Le contact client était compliqué, et au final l'entreprise ne fonctionnait pas, en grande partie à cause de cette casquette qu'ils n'avaient pas (c'est également le cas pour la compta ou une autre casquette)

3. Avoir les épaules larges et les reins solides

Quand on est indépendant, on a le plus souvent un statut juridique "simplifié", en auto-entrepreneur ou en micro, le plus souvent en nom propre, ce qui nous inclut personnellement dans les risques de l'entreprise. De ce fait, la moindre embrouille, le moindre problème juridique peut nous coûter notre société, voire même plus encore. Si vous devez engager des poursuites judiciaires face à un client ou qu'un client souhaite engager une procédure contre vous, assurez vous d'être capable à la fois de gérer cette situation peu confortable mais également d'être sûr de pouvoir assumer une défaite, et donc des frais qui peuvent monter très vite quand il s'agit de dommages et intérêts...

4. Une rémunération aléatoire

Quand on est indépendant, un des aspects les plus compliqués est de ne pas avoir de salaires fixes. Un mois on va rentrer plein de règlements de factures, et pendant 2/3 mois on n'a rien qui rentre : le client règlera bientôt nous dit-il, ou alors on est sur un gros projet de plusieurs mois et en attendant, bah, il n'y a rien ! Faîtes tous les efforts du monde pour bien vous entendre avec votre banquier, car certains mois il risque de vous téléphoner souvent (remboursements de prêts, carte refusée par manque de provisions, etc...). Ce côté aléatoire m'aura fait passer des nuits blanches au début de mon activité.

5. Trouver des clients est difficile

En discutant avec des amis ou confrères, le constat est toujours le même : trouver des clients est difficile une fois le réseau passé. Pour vous raconter une anecdote, un ami décide de se lancer en indépendant car son oncle a une société et il voudrait faire son site web. Super se dit-il, il fait un devis pas cher (pour se lancer, ne pas abuser de sa famille et parce qu'il ne connait pas les prix du marché - on reviendra dessus un peu plus tard) et il travaille pour son oncle. Premier mois de salaire fait grâce à lui, cet indépendant se rend compte qu'à part ce client il n'a rien, alors il cherche, il propecte à mort, mais rien ne tombe, pas de devis signés, etc... Sachez qu'un bar, un restaurant, ou un hotel est démarché entre 10 et 20 fois par an pour faire ou refaire son site. En quoi nous, petits indépendants pourrions tirer notre épingle du jeu et sortir vainqueur face à une concurrence féroce ? Posez-vous les bonnes questions avant de vous lancer ! 

6. La concurrence actuelle est féroce

En vous mettant à votre compte, vous arrivez dans une jungle féroce où se trouvent déjà des milliers de loups attendant leurs proies. Avec le statut d'auto-entrepreneur, comme la création d'entreprise a été largement simplifiée, on retrouve aujourd'hui beaucoup plus d'indépendant qu'il y a 10 ans quand j'ai commencé. Bon il y a de tout je vous l'accorde, de très bons comme de très "moins bons".

7. Savoir se vendre en tant qu'indépendant

Je rencontre depuis plusieurs années maintenant un phénomène récurrent chez mes prospects : s'ils ont fait appel à un indépendant qui n'a pas pu assumer sa prestation correctement, le plus souvent le crédit de confiance accordé n'affecte pas cet indépendant en particulier mais la confiance globale accordées aux indépendants. Du coup beaucoup me disent : oui mais vous êtes indépendant et on a déjà subit les conséquences, merci. Il est donc important de savoir se vendre pour réussir à signer des affaires. Je constate aussi que depuis 4/5 ans, il est plus diffile de signer des affaires qu'avant. C'est un constat général que l'on partage avec des confrères indépendants aussi depuis un moment.

8. Travailler à la maison : on en sort jamais

Travailler en freelance signifie pour beaucoup d'entre nous de travailler à la maison, dans une pièce à part ou directement dans le salon. Cette situation est à double tranchant : l'avantage d'être directement sur place le matin (pas de temps de route), mais le plus dur je trouve c'est de décrocher de son ordinateur. On ne compte pas ses heures, on travaille tard le soir et on n'arrive plus à retrouver une séparation maison/boulot. Le pire c'est quand les clients passent un peu à l'improviste. Pour rejoindre le point 1 sur la solitude, on peut facilement rester cloitré des jours entiers sans sortir de la maison. Faut être capable de le supporter.

9. Travailler à la maison : les distractions

Quand on travaille dans un bureau professionnel, en dehors de la maison, c'est facile : on prend la voiture, on se met en condition, et on a le plus souvent que son ordi donc rester concentré sur le travail est assez facile, surtout en open space collaboratif (je vous recommande au passage de démarrer par ce biais c'est plus facile). Mais à la maison c'est beaucoup plus dur de ne pas craquer et de faire de grandes pauses : la guitare, la télévision, sortir le chien, faire la vaiselle, jouer à la console, ou simplement pour se lever le matin... Il est bon d'avoir un bureau à part, porte fermée, afin de se couper le plus possible de la vie de la maison et du temps de travail.

10. Trouver la motivation

Lié avec les distractions que l'on a autour de nous, un des facteurs qui jouera sur le temps est la motivation : vous êtes le plus souvent tout seul à vous gérer et il est parfois difficile de trouver la motivation. J'ai connu des mois entiers où j'avais beau chercher à me motiver il n'y avait rien à faire : pas de créativité, le moral dans les chaussettes, à la limite de ne pas vouloir décrocher le téléphone quand il sonnait (pour le boulot ou pour le reste d'ailleurs). Comme je vous le disais dans le point 1, la solitude peut peser, tout comme gérer un client pas satisfait ou avoir une période creuse en terme d'activité.

11. Les indépendants passent des entretiens tous les jours

C'est sûr, hein, le CDD ou CDI est facile : on passe un entretien, on a réussi à séduire le recruteur et nous voilà parti pour une longue durée où l'on est tranquille. On peut ranger notre chemise "spécial entretiens" au placard pour quelques mois et on peut alors prendre notre rythme de croisière et faire simplement notre boulot. Et bah chez nous, dans le monde des freelances, c'est pas comme ça : la belle chemise spéciale doit être de sortie tous les jours, car à chaque rdv clientèle on joue sur la rémunération qui tombera dans 1, 2 voire 3 mois. Si l'on échoue notre rendez-vous client on peut commencer à se retrouver dans une situation difficile pour les mois à venir.

12. Ne pas attendre la période calme pour relancer le démarchage client

On fonctionne tous pareils : on démarche à fond, puis quand on a signé 2-3 devis on se met à fond sur nos projets clients, et on ne fait que ça. Du coup notre démarchage client s'arrète aussi vite qu'il a commencé et lorsque les projets signés se terminent, on facture et on retourne au charbon. Problème : le temps que les nouveaux rdv se transforment en devis signés il peut se passer plusieurs semaines et pendant ce temps rien ne tombe. Et on a sur l'année une alternance de mois très bons et d'autres à 0. Pour éviter ça il faut absolument être capable de tout faire en même temps : travail client et prospection pour éviter au maximum les périodes calmes.

13. La reconnaissance n'existe pas

Quand on travaille en indépendant, notre but est de faire le maximum pour notre client (toujours dans le cadre de notre devis bien sûr). Et comme il est coutume en France, si on vous dit rien c'est que c'est bien. On aimerait (et là je passe un message personnel à mes clients - je plaisante) avoir des remerciements plus souvent, pour conforter notre idée qu'on s'est vraiment donné à fond pour lui.

14. Les vacances auront un goût étrange (comme le reste)

Vous êtes indépendant, donc vous êtes la seule personne a réaliser du chiffre. Fini les 5 semaines de congés payés, quand vous vous arrêtez, c'est l'entreprise qui fait une pause, donc il n'y a pas de travail, pas de facturation, donc pas de sous qui rentrent. Les vacances vont être amers finalement et vous aurez presque hâte de reprendre le travail, et oui, pas le choix ! Idem pour le reste : le CE, les chèques vacances, ou simplement le chômage en fin de mission ou la couverture sociale n'existeront plus : si vous vous cassez la main pendant vos vacances au ski, vous n'aurez rien ! Si vous décidez d'arreter définitivement votre société c'est pareil : pas de chômage !

15. C'est à vous de vous adapter !!

En qualité de freelance, c'est à vous de vous adapter aux clients et non l'inverse, que ce soit sur les horaires, le rythme, ... Vous serez toujours dans cette position où on ne vous demandera pas votre avis. Si la société travaille dès 8h il faudra être là, s'ils ne travaillent pas le vendredi à vous de vous arranger pour livrer les éléments à temps...

CONCLUSION

Voilà en vrac les quelques points négatifs d'être à son compte. Voilà 10 ans que je fais ce métier avec passion mais ce métier n'est pas tout rose. Ceci dit personnellement je ne regrette absolument pas mon choix et j'espère rester indépendant le plus longtemps possible. Mais beaucoup de mes amis qui sont passés par le statut d'indépendant ne voyaient pas ces contraintes quand ils se sont lancés - ils s'en sont rendu compte ensuite, et ils ont finis par retourner en entreprise. J'espère que cet article vous aura aidé à prendre la bonne décision.

Ce que je peux vous dire en étant le plus honnète possible, c'est que je ne regrette pas mon indépendance mais j'ai eu la chance de me lancer il y a 10 ans. Vu la concurrence actuelle, les prix du marché qui se sont effondrés (merci au statut d'auto-entrepreneur qui a complètement modifié le métier), et l'image du statut d'indépendant véhiculé par les médias aujourd'hui, je ne me lancerais pas aujourd'hui c'est sûr.

A propos de l'auteur

jacques Danilo, blogueur et freelance

Jacques Danilo
www.pixelcrea.com

Graphiste indépendant depuis 11 ans, photographe et formateur freelance dans le Grand-Ouest. Passionné par le web et les nouvelles technologies, blogueur et entrepreneur, je suis à votre disposition :

Contactez-moi

Sur le blog du freelance

Partagez cet article sur les réseaux sociaux

Les commentaires

Xavier Paes a commenté :

Bon article qui résume bien la réalité des freelances... Il y a tout de même des avantages, il ne faut pas l'oublier !

Emilie Le Béhérec Prima a commenté :

Après seulement 7 ans de Freelance, je confirme ! C'est tout à fait ça ! Je rajouterai cependant un point : affronter le plus grand nombre qui pense que comme tu est freelance à domicile, tu ne fais pas grand chose de la journée, tu peux partir en vacances quand tu veux, et que tu as choisis ce statut parce que tu es un petit peu feignant. Les clichés ont la vie dure !

wissal a commenté :

Bonjour,
Merci pour les conseils je pense que ça va en aider plus d'un pour commencer.
Pour ce qui est de la solitude, un bon moyen pour combler le vide est de travailler dans un espace de coworking. Je pense que de voir des personnes qui peut être font le même métier que nous, ou tout simplement pouvoir parler partager un café avec d'autres personnes c'est très positif, même pour travailler.

Laissez un commentaire








* Champs obligatoires

» Retour au blog du freelance